In: Blogue, Responsabilité sociale

REMISE DE LA BOURSE 2018 POUR L'APPRENTISSAGE CONTINU DE LGM

En 2014, Jim Steffler, vice-président directeur des ressources humaines chez le Groupe financier LGM, a créé la Bourse pour l’apprentissage continu de LGM – un programme qui vient en aide aux personnes aux prises avec des troubles de santé mentale en Colombie-Britannique, et qui leur donne des moyens pour réaliser leurs aspirations professionnelles et leurs objectifs en matière d’éducation.

De concert avec l’Association canadienne pour la santé mentale, section Colombie-Britannique, une personne recevra une bourse de 1 000 $ pour l’aider à assouvir sa passion d’apprendre et à renforcer son estime de soi. LGM lutte fortement contre les préjugés entourant la maladie mentale et reconnaît l’importance de la santé et du bien-être en milieu de travail. Nous nous efforçons d’offrir à nos employés un environnement de travail sécuritaire et confiant tout en ayant ces importantes discussions.

Nous avons eu le privilège de nous entretenir avec la lauréate de cette année, Stephanie, à propos des défis qu’elle doit surmonter et de l’importance de la bourse qu’elle a reçue. Lisez l’entrevue complète ci-dessous.


Félicitations, Stephanie! Qu’est-ce qu’on éprouve quand on gagne la Bourse pour l’apprentissage continu de LGM?

Merci, je suis très reconnaissante. C’est vraiment fantastique d’être reconnue pour les défis que j’ai surmontés et les moyens que j’ai pris pour aller de l’avant. J’ai subi de nombreux revers dans ma vie et il y a eu des moments où j’ai voulu décrocher de l’école et du travail. Gagner cette bourse a été une expérience très emballante – il s’agit d’un rappel très apprécié que je ne suis pas seule dans cette situation.

Pouvez-vous nous parler de votre expérience associée à la maladie mentale et des mesures que vous avez prises pour trouver le traitement et l’aide dont vous aviez besoin?

J’ai souffert d’anxiété et de dépression, et, plus récemment, j’ai composé avec la douleur et la peine. Malgré ces défis, je suis reconnaissante de pouvoir compter sur un incroyable système de soutien – mais je dois reconnaître qu’il est très important de se rétablir avant d’accéder à ce soutien. De prime abord, cela semble simple, mais ce n’est pas facile d’en prendre conscience.

Je consulte régulièrement un conseiller en traumatisme en pratique privée et j’ai suivi quelques programmes de groupe au YMCA destinés aux personnes qui font face à des deuils. Je consulte également un médecin et un naturopathe, et j’ai un réseau solidaire composé de ma famille et d’amis.

Je suis très fière du groupe d’entraide formé par des pairs que j’ai créé, portant particulièrement sur la gestion de la crise des opioïdes et sur la prévention – réunissant une fantastique communauté de personnes. Nous venons de tenir notre deuxième Journée de sensibilisation à l’overdose, qui a connu un vif succès.

Il est inspirant de voir que vous avez non seulement cherché de l’aide, mais que vous avez aussi créé un réseau d’entraide pour les autres. Comment vos problèmes de santé mentale ont-ils influencé votre carrière et votre éducation?

De façon positive, mon expérience m’a permis de faire preuve d’empathie envers les autres personnes qui souffrent d’une maladie mentale ou qui ont vécu un traumatisme ou un deuil. Cela m’a également donné la force de continuer mes études et de faire carrière dans ce domaine.

En contrepartie, je dois constamment gérer ma propre santé mentale et les éléments déclencheurs qui arrivent avec l’environnement, et je dois toujours garder à l’esprit mon bien-être général. Ce qui signifie qu’il faut parfois que je prenne une pause de l’école ou du travail, ce qui malheureusement, d’après mon expérience, n’est pas une initiative qui est appuyée par la plupart des universités ou des employeurs. Ce n’est pas bien vu d’avoir des interruptions dans vos études ou votre carrière. Cela étant dit, je réalise l’importance de ma santé mentale et de mon bien-être, et que cela est ma priorité. Ce n’est pas négociable.

Nous sommes vraiment inspirés par votre connaissance de vous-même et par votre ambition. En ce qui a trait à vos études, pouvez-vous nous indiquer certains de vos objectifs scolaires ou professionnels?

Je suis titulaire d’un baccalauréat ès arts en travail social, qui m’a donné des compétences très générales. C’est pourquoi je fais actuellement une maîtrise en psychologie de l’orientation.

Je veux aider à combler l’écart dans notre système qui nuit à la capacité des personnes traumatisées à accéder à des soins spécialisés – en raison soit de problèmes financiers, soit de barrières géographiques. Le traumatisme touche tous les aspects de la santé mentale; par conséquent, si le soutien et les ressources ne sont pas rapidement accessibles, d’autres défis potentiels sont plus susceptibles de se présenter.

Ma vision à long terme est de travailler dans un centre de traitement, ou d’en posséder un, dans lequel les personnes peuvent se réhabiliter en compagnie d’animaux. Établir des liens peut être très bénéfique dans plusieurs aspects de la santé mentale, et les choses qui sont thérapeutiques pour les animaux sont souvent les mêmes pour les humains.

Passionnant! À quoi vous attendez-vous dans cette aventure? Avez-vous des conseils que vous aimeriez partager avec les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale?

Je veux transformer mes difficultés en quelque chose de bénéfique – pour moi-même et pour les autres personnes dans la même situation. Une des raisons pour laquelle j’ai créé le groupe d’entraide formé par des pairs est que j’ai remarqué que chaque fois que je me retrouve seule pendant une longue période, plus ma santé mentale se détériore.

Il est rare de créer des liens ou de parler avec autrui, notamment sur un sujet comme la santé mentale. J’estime que les normes sociales contribuent énormément à la crainte du jugement, c’est pourquoi un grand nombre de personnes préfèrent taire les défis auxquels elles sont confrontées.

Mon conseil : c’est correct de ne pas être correct. Donnez-vous la chance que les choses s’améliorent et sachez que vous n’avez pas à le faire seul. Je comprends que vous ouvrir aux autres vous met dans une situation de vulnérabilité, mais croyez-moi, cela peut être réconfortant, particulièrement si vous le faite avec des gens en qui vous avez confiance et avec lesquels vous vous sentez en sécurité. A priori, c’est difficile de joindre un réseau et de demander de l’aide, mais quand je brosse un tableau plus large, cela me donne le courage de parler, et je suis tellement heureuse de l’avoir fait.

Nous sommes chanceux de vous connaître, Stephanie. Considérez-vous comme un membre de la famille LGM! Que le succès, le bonheur et la santé vous accompagnent. Encore une fois, félicitations!